“Le comptoir d'un café est le parlement du peuple.”

Honoré de Balzac (1799 - 1850)

Bienvenue en Arcadie

Vous êtes ici : Accueil > Comptes-rendus > Le sexe dans notre société

Compte-rendu synthétique par Marc HoussayeCafé Citoyen de Caen (22/09/2001)

Animateur du débat : Marc Houssaye

» Politique et Société

Le sexe dans notre société

ShareThis

Le débat débuta timidement autour des relations hommes/femmes dans notre société. On parla d’abord de la parité. Pour ensuite rapporter le problème des inégalités. Les droits sont les mêmes pour tous. Mais Il subsiste des inégalités à abolir, notamment dans le domaine professionnel où, à compétences égales, le salaire d’une femme, pour le même poste, est très inférieur à celui d’un homme.

Parallèlement, d’un point de vue philosophique, certains participants ont remis en cause le dogme de l’équivalence entre les hommes et les femmes. Il y a, dit-on dans la salle, des caractères plus féminins, d’autres plus masculins. Par exemple, « L’esprit combattant, agressif, de l’homme contraste avec la nature douce et sensible d’une femme ». Substituer la notion d’équivalence à la notion d’égalité revient à « oublier la nature de chacun d’entre-nous ». Certains condamnèrent le féminisme exacerbé et le comparèrent au machisme. D’autres nuancèrent leur propos et avancèrent que ces prises de position, certes radicales, contribuent à dénoncer les inégalités qui persistent. Mais, s’interroge quelqu’un, « ne dérivons-nous pas vers une société asexuée, dans laquelle tout le monde est identique à tout le monde ? » Gardons-nous en effet de ne pas confondre égalité et équivalence.

« En trois à quatre générations, notre société a considérablement changé ». Particulièrement concernant le regard que l’on porte au sexe. « Nous sommes passés d’une époque où l’on cachait tout, à une époque où l’on montre tout ». On note au passage l’utilisation abusive du sexe dans la publicité. Les références sexuelles agiraient comme « des ficelles inconscientes poussant à la consommation ». Toujours est-il qu’au delà de l’application commerciale de ces changements de mœurs, nous devons nous pencher sur les conséquences de cette profusion de sexe.

Beaucoup d’interventions insistent sur les programmes télévisés de plus en plus osés. « L’érotisme est très présent dans nos écrans. » On parle de « banalisation », de « subversion », « d’impudeur ». Quelques personnes défendent cependant la pornographie, en ce sens qu’elle apporte une satisfaction libidinale. Tout individu a en effet besoin de satisfaire ses besoins sexuels. La pornographie reste d’ailleurs pour quelques-uns le seul moyen d’assouvir sa sexualité.

Pour certains, il faudrait mettre en place une « véritable éducation sexuelle, théorique et pratique ». Par ailleurs, on se demande pourquoi le sexe serait la seule chose que l’on ne pourrait pas apprendre sur Terre. Des peuples, notamment orientaux, en ont bien fait un art.

Pour d’autres, au contraire, enseigner le sexe n’est pas envisageable. « Cela supprimerait une certaine magie. » On ajoute que le sexe serait une affaire « innée ». On voit mal pourtant comment la découverte des plaisirs charnels pourrait s’effectuer sans l’échange, la transmission de savoir, la pratique. Et le risque, sous couvert de cette axiome, de laisser à leur propre sort des individus qui découvrent leur sexualité.

Il est vrai qu’associer les concepts d’éducation et d’intimité déstabilise. Mais ce n’est peut-être qu’un leurre. On rappela pendant le débat que les combats d’envergures gouvernementales contre les maladies sexuellement transmissibles, et notamment le S.I.D.A. lancèrent de vastes campagnes de sensibilisation. Une « désacralisation » du sexe s’est imposée. Il fallait faire prendre conscience de l’importance du préservatif. Pour autant, beaucoup de jeunes restent ignorants quant à la sexualité elle-même. Quelqu’un rapporte que « les connaissances sexuelles des jeunes sont d’une pauvreté affligeante ».

Mais ne faut-il pas convenir que la sexualité est aussi quelque chose qui s’apprend, qui s’expérimente ? « C’est somme toute », lance-t-on dans la salle, « apprendre à ressentir de plus en plus finement des sensations . C’est connaître son propre corps, celui de l’autre aussi ». « Certes, cette apprentissage des corps peut paraître désuète dans notre société matérialiste mais cela contribue à la découverte et à l’épanouissement de soi-même » insiste un citoyen.

Interventions

Participer au débat

Les champ marqués d'une * sont obligatoires

Marre de retaper vos coordonnées ? Créez un compte ! Créer un compte permet d'être averti des nouvelles contributions, d'être reconnu et donc de ne pas avoir à taper ses coordonnées pour participer aux débats.

Semaine des Cafés Citoyens

« Quelle place pour le citoyen dans la prise de décision politique ? »

Du 20 au 27 novembre 2010

Participer

Lʼauteur