Compte-rendu synthétique par Nicolas BAGUENARD — Café Citoyen de Paris (24/11/2009)
Animateur du débat : marie laure treton
» Politique et Société
Faut-il et comment rendre les hommes responsables de leurs actes envers les générations futures ?
Synthèse du café citoyen de Paris du mardi 24 novembre 2009
Lieu : Café L'imprévu Paris 14ème
Thème du débat : « Faut-il et comment rendre les hommes responsables de leurs actes envers les générations futures ? »
Le débat commence par une discussion autour de la question de responsabilité, L'homme peut-il supporter la responsabilité envers les générations futures ? Porter cette responsabilité n'est-il pas une entrave à la liberté individuelle ? L'homme a t-il les moyens d'assurer cette responsabilité ? Puis, la discussion s'est orientée vers le constat de l'urgence écologique et la destruction de la Nature par l'homme. Ce constat a été largement partagé par les participants, même si un citoyen a rappelé que tous les experts n'étaient pas d'accord sur le lien entre réchauffement climatique et émission de gaz à effet de serre. Enfin, la responsabilité est-elle la même pour tous les hommes ? Les hommes politiques et les personnalités décisionnaires du champ économique ont plus de pouvoir pour agir que le citoyen lambda.
L'importance de l'organisation de notre système social a ensuite été évoquée. Dans le système marchand et capitaliste dans lequel le monde est installé, tout individu doit travailler pour vivre ou survivre. En travaillant, il épuise des ressources naturelles et a une action destructrice sur la nature. On en arrive au paradoxe où le système alimente sa propre élimination, mais il risque aussi de compromettre l'humanité.
Face à ce constat, des solutions doivent être imaginées. Beaucoup de participants ont remis en cause la société de consommation et ses excès de matérialisme. Pour préserver l'environnement, des initiatives de restrictions personnelles doivent être envisagées. Mais où trouver la limite pour ne pas devenir trop exigent dans les restrictions. Les questions des déplacements automobiles et de la consommation en grandes surfaces ont été soulevées. Un citoyen affirme que beaucoup de gens sont prêts à faire un effort et même 25 % des américains sont aussi prêts à évoluer alors qu'ils ont pourtant une image de gros consommateurs et donc de pollueurs. Des citoyens ont aussi évoqué l'action éducatrice vers les enfants qui seront vecteurs de changements de comportement.
Le débat s'est prolongé sur les actions juridiques à développer pour rendre plus coercitives les actions de l'homme sur la nature. L'idée de droits de la Nature a été évoqué comme il existe une déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Une autre opinion s'est développée : plutôt que de privilégier des solutions répressives qui peuvent être une atteinte à la liberté, il faudrait s'attaquer au système lui-même qui est la cause de destruction de la nature. Seul un changement systémique peut apporter la solution. Une économie, aussi teinté de vert serait-elle, reste une économie de marché où le profit sera recherché.
Le débat s'est terminé sur les réflexions sur le Grenelle de l'environnement ou la mise en place de la taxe carbone. Les avis ont été divers sur l'efficacité et la justesse de ces deux récentes initiatives. Enfin, il a été rappelé que la question posée était une problématique plutôt occidentale dans sa présentation. Le sujet de la préservation de l'environnement est plutôt une préoccupation des pays riches et développés. De même, ce thème est lié à la mort qui est une crainte marquée dans les sociétés occidentales et cela est peut-être moins prégnant dans d'autres civilisations.

