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Compte-rendu synthétique par Antoine KOWALSKICafé Citoyen de Nancy (07/05/2010)

Animateur du débat : Antoine KOWALSKI

» Politique et Société

Peut-on se passer de la voiture ?

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Si pour les générations précédentes, la voiture était un mythe associé à l'idée de liberté, elle est pour les jeunes générations et à notre époque, plutôt perçue comme une contrainte. Sont mis en avant le coût et les risques qu'elle représente ainsi que les difficultés associés à la circulation en ville (stationnement et déplacements longs contrairement aux modes de transports doux ou collectifs).

⁃ La nécessité du permis

La voiture c'est l'indépendance rappelle un des intervenants. Un autre rappelle que l'obtention du permis est une des conditions à remplir dans le cadre d'un entretien professionnel: ne pas avoir le permis c'est prendre le risque de ne pas être embauché: "Il faut l'avoir, même si on peut se passer de voiture".

⁃ Un débat urbain?

La question, "peut-on se passer de la voiture?" apparaît pour un participant comme un débat très urbain. La question trouve vite sa réponse en milieu rural en raison d'une part du faible maillage du réseau de transport et d'autre part en raison de la faible densité des campagnes. Au contraire en milieu urbain de nombreuses alternatives existent déjà (train, taxi, bus, tram, trolley) auxquelles viennent s'adjoindre les modes de circulation doux (vélo personnel ou en location comme c'est le cas avec le Velib').

⁃ Les transports doux: vélo, rollers et marche.

Si on peut imaginer de circuler en ville à vélo pour se rendre à son travail, il est difficilement imaginable d'effectuer de longues distances régulières avec ces types de transport en raison de l'effort et des saisons.

Si certains Etats européens sont champions en matière de circulation cycliste, il est à noter que la géographie de ces pays le permet comme c'est le cas avec les Pays-Bas.

La question du vivre ensemble sur l'espace public a été évoqué par les participants. Clémentine, évoque le manque de savoir vivre des automobilistes vis à vis des cyclistes.

Mais n'est ce pas l'espace routier urbain qui n'est pas fait pour permettre cette cohabitation entre voitures, transports publics et transports doux?

Les intervenants font remarquer que si des efforts ont été fait pour ménager des voies cyclables celles-ci ont parfois été réalisées en dépit du bon sens: trajets plus longs, voies trop étroites, partage de l'espace avec les transports en commun...

⁃ La location de vélo en ville vraie innovation ou opération marketing?

Un des intervenants fait remarquer que dans le cas de Nancy, ville universitaire, les stations de location ne sont pas situées aux abords des sites universitaires. L'exemple du quartier Meurthe-et-Canal, trois écoles sont situées sur le même pôle pourtant c'est devant le cinéma, à 500 mètres qu'il faut aller pour trouver cette station de location. Celui-ci se demande donc si l'initiative de reprise du projet Vélib' à Nancy est une initiative sincère ou si cela ne procède pas simplement d'une opération marketing pré-électorale.

La question de la pertinence des sites de location reste posée et est une des conditions du succès de ce mode de transport que tout le monde reconnaît comme pratique et idéal.

⁃ De la bonne gouvernance des projets de transport

Les participants soulignent l'impératif de concertation qui doit précéder et soutenir tout projet d'aménagement ou de créations de transports.
Ils déplorent sur l'agglomération nancéienne la concertation biaisée qui a eu lieu pour la ligne T2 (ligne de tramway).
A cette concertation doit s'ajouter une grande transparence dans la conduite des projets afin de permettre aux différents partis de bien comprendre les enjeux d'une ville éco-mobile.

⁃ Quelles initiatives institutonnelles pour laisser la voiture chez soi en ville?

L'instauration de lignes nocturnes en ville. Catherine rappelle que ces lignes ont existé il y a de nombreuses années. Celles-ci ont été supprimé essentiellement pour des raisons de coût salarial.
Des horaires de transport clairs en soirée. En effet ceux ci changent souvent et les utilisateurs des transports ignorent le plus souvent l'existence de la circulation de transports tardifs (21H00).
Une plus grande amplitude horaire. Si des lignes de transport associées au déplacement de travail ont été mises en place en direction des zones industrielles, cette initiative récente est encore trop isolée selon les participants pour que les usagers se servent massivement de celles-ci.
Catherine souligne également la particularité française du nombre de partenaires de transports sur un territoire ce qui complique malgré les bonnes évolutions de ces dernières années, une vraie concordance des transports et des horaires entre les différents acteurs institutionnels.

Les avancées récentes. En lorraine l'instauration d'une billetique unique, la carte simplicité, a été possible grâce au soutien important du fond européen FEDER. Ce soutien n'aurait pas été possible dans le cadre de régies municipales, comme c'est le cas à Metz. Ainsi existe malgré tout une disparité au niveau du réseau lorrain. Si l'on peut en effet circuler à Nancy et sur les lignes régionales TER avec cette carte, une fois arrivé à Metz, il faut changer de titre de transport.

La question de la gratuité pour favoriser les modes de transport doux n'est pas une bonne question selon un des intervenants. Le prix du titre de transport est déjà très largement pris en charge par les collectivités. Ainsi c'est près de 70% du coût réel qui est pris en charge par la collectivité pour Nancy. D'autre part, rendre gratuit le transport ne serait possible que sur des réseaux faibles de villes moyennes pour des raisons de coût global. En France quelques villes tentent cette aventure dont Valenciennes avec une douzaine de lignes contre quatre à six pour les villes moyennes.
Enfin, le fait de payer le mode de transport obligerait au respect de celui-ci et de ses utilisateurs selon Catherine.

⁃ Quelles initiatives privées pour laisser la voiture chez soi en ville?

L'autopartage. Ce mode de fonctionnement existe déjà à Paris et est en projet à Nancy. L'idée est de partager au travers d'une cotisation ou d'une adhésion le coût d'un véhicule que l'on peut "emprunter" ou "louer" selon le besoin au travers d'une réservation préalable avec les autres adhérents ou sociétaires.

Le covoiturage. Système favorisé a priori grâce au NTIC permettra peut être demain à tout un chacun de trouver une voiture comme moyen de transport, en fonction de sa destination et de la date du départ avec plus de facilité. Il est à noter que cette initiative n'est pas récente et que de tout temps, les travailleurs, comme le rappelle un participant, utilisaient ce moyen de façon régulière afin de minimiser les coûts de transport.

Reste toujours bien sûr, l'éternel autostop... pour lequel on ne peut pas se passer de la voiture!

Interventions

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KOWALSKI Antoine

mardi 13 avril 2010 15:59:51 +00:00

Animation des débats.

Mhoussaye

Marc Houssaye

jeudi 06 mai 2010 14:04:58 +00:00

Bonjour,

La voiture individuelle est tellement incrustée dans notre mode de vie que ne pas avoir de voiture est handicapant. La manière même de concevoir les villes implique encore un moyen de locomotion personnel. Les quartiers d'habitation là. Les zones d'entreprises ici. Revoir le tout voiture pose la question de nos activités quotidiennes. A commencer par le travail. Quid du télétravail ? Est-ce souhaitable ?

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