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Compte-rendu synthétique par Corinne TANAYCafé Citoyen de Le Havre (30/09/2011)

Animateur du débat : Corinne TANAY

» Démocratie et Citoyenneté

Les jeunes sont-ils engagés ?

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Les jeunes sont-ils engagés ?

Le 30 septembre 2011, ce thème a lancé le Café Citoyen du Havre.
France 3 Baie de Seine a fait quelques images pour l’occasion. Le reportage de Jean-Luc Drouin a été diffusé dans l’édition régionale du journal de 19heures le lundi.
Marc Houssaye, président de La Nouvelle Arcadie a fait le déplacement pour l’inauguration havraise. Aux côtés de Corinne Tanay qui a déroulé la création du Café Citoyen du Havre, il a insisté sur les principes de fonctionnement du Café Citoyen et sur le respect de la Charte.
Corinne Tanay a rappelé la nécessité de se réapproprier le débat civique, économique, écologique, social et culturel. Celle de réinventer la démocratie en agissant ici dans notre ville.
Une trentaine de havrais a fait connaissance. La jeunesse impliquée autour de la mise en place du Café Citoyen a eu un discours limpide qui a su toucher les adultes présents. La définition exacte de l’engagement a été au cœur du débat. Des questions multiples parmi lesquelles : Une personne engagée prend-t-elle systématiquement la couleur d’un parti ou d’une famille politique ? Les jeunes sont-ils réellement engagés ? Qu’est-ce qu’un engagement ? Par quoi les jeunes sont-ils révoltés aujourd’hui ?
Si les jeunes soulignent leur parfaite maîtrise et connaissance des nouvelles technologies dont Internet en tête, ils regrettent un manque de communication avec la société civile qui les infantilise. Ils déclarent ne pas faire confiance aux médias, ne pas se sentir concernés par l’actualité. Ils estiment que les enseignants sont souvent éloignés de leurs préoccupations.
Paroles de jeunes :
-« On ne peut pas dire qu’il y ait vraiment des profs qui nous parlent de tout ce qui touche au civisme, à la politique, à la citoyenneté. »
-« On ne laisse pas la place aux jeunes. Les adultes ne savent pas que c’est dur pour nous d’exister. Seuls, les adultes ou les parents prennent la parole ou nous dictent notre conduite. Même si on n’apprécie pas toujours la leur… »
-« On peut changer les choses si on ne reste pas chacun dans son coin. L’informatique c’est génial si on sait l’utiliser. Le soulèvement des pays arabes est un exemple de ce qu’Internet peut nous offrir. »
-« Nous devons aussi nous protéger. Faire attention à ne pas être instrumentalisés par les adultes et les politiques. Nous, on voudrait réfléchir, s’engager pour des actions concrètes. »
-« Ce qui nous révolte, c’est la paupérisation. On ne vit pas dans notre bulle même si on est privilégiés par rapport à certains. On voit bien ce que la société renvoie comme injustice et inégalités sociales. »
-« C’est la première fois qu’on me demande ma vision de la société et du monde. Avec les profs, on n’a pas ce genre de discussion. Ils nous demandent de choisir un métier mais ils ne nous informent pas. On croirait qu’on vit dans des mondes opposés. »
-« Ici, j’ai été écoutée. On me demande mon avis. Je vais passer mon bac. Je vais voter en 2012 mais je ne sais pas pour qui. Je n’ai pas de conscience politique ni citoyenne. Je voudrais changer et prendre conscience de mes devoirs civiques.»
-« Nos parents nous surprotègent. On vit bien mais on ne sait pas ce que c’est que la vie. En nous protégeant, ils ne nous rendent pas service. »
Malgré leurs inquiétudes réelles quant à leur avenir, même s’ils se projettent difficilement après leurs études supérieures, les jeunes ont une vision positive de la société dans laquelle ils évoluent.
Les adultes ont débattu des valeurs fondamentales pour mieux vivre ensemble qui semblent occultées du fonctionnement actuel de chaque individu. Un des participants a émis le constat des « jeunes informés » et des « jeunes perdus ». Il a esquissé le stéréotype du jeune suspendu à son mobile et sa console de jeux 24h/24. Pour toute réponse, les jeunes ont déclaré être en décalage de valeurs qu’on ne leur transmet pas. Pour eux, « l’intérêt collectif » ne fait pas partie de leur langage ni de leur culture.
Chacun s’est interrogé sur l’engagement. Les jeunes ignorants de la définition et de la concrétisation d’un engagement. Les adultes désabusés et démotivés face à un système qui incite plus à la consommation qu’à la réflexion ou l’action citoyenne.
Tous ont admis qu’en ces temps de crise (crise financière mais aussi crise identitaire) il y avait un besoin de restaurer des valeurs occultées sans remettre en cause l’Histoire sociale de la France. Cette dernière remise en cause est un raccourci simpliste pour les politiques en mal d’arguments.
Pour ce premier débat, les échanges ont été placés dans le plus profond respect de la Charte arcadienne. Les jeunes qui étaient intimidés par la prise de parole publique se sont révélés pertinents et éloignés du cliché du « jeune scotché à sa console ».
Ils ont clairement exprimé leur sensibilisation et leurs motivations pour le concept du Café Citoyen.
A noter que les médias locaux ont relayé l’info de l’ouverture du Café Citoyen. Aucun élu local n’a souhaité assister à ce premier débat…

Interventions

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GRANIER

mercredi 14 septembre 2011 13:26:01 +00:00

Les jeunes sont-ils engagés ?
Ils ne faut pas faire de cette question une généralité.
Comme toutes les générations, ils y a ceux qui s'engagent et ceux qui regardent et critiquent parfois, ceux qui ne se sentent pas concerné et font abstraction de toute initiative collective.
Naturellement qu'il y a des jeunes qui s'engagent, il existe des associations et syndicats étudiants, ils y a également des sections de jeunes militants dans tous les partis politiques.
Je ne parle pas des associations où ils sont également présent.
Mais puisque nous parlons de jeunes, ont pourrait également parler de leurs problèmes spécifiques.
Par exemple suggérer aux étudiants de proposer d'habiter avec des personnes âgées qui le désirent, pour une somme modique, cette formule existe déjà mais quand est-il au HAVRE ?
Développer cette idées au HAVRE serait une façon de ne pas perdre notre temps à des discussions sans lendemain.
Mais c'est aussi aux anciennes générations, de les convaincre, de cette nécessité indispensable de participer, condition primordiale pour une démocratie qui ne soit pas un leurre.
Dans la situation dans laquelle nous sommes, nous n'avons plus le droit de perdre notre temps à discuter, ces réunions doivent se concrétiser par des initiatives constructives, le plus souvent possible. C'est mon sentiment.
granier.marcel@wanadoo.fr

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