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Honoré de Balzac (1799 - 1850)

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Compte-rendu synthétique par Pierre Fruitier-RothCafé Citoyen de Metz (17/03/2007)

Animateur du débat : Pierre Fruitier-Roth

» Politique et Société

La prévention de la délinquance

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Introduction faite par Catherine.

Intervenant 1 : Nous sommes tous un peu des délinquants, la frontière est vite franchie,dans mon activité d’exploitant agricole, il m’est difficile de respecter toutes les règlementations, nombreuses et complexes (il donne l’exemple de tisanes de plantes interdites).Mais lorsqu’on parle de délinquance aujourd’hui, les jeunes me semblent plus montrés du doigt. Est-ce juste et cela ne sert-il pas à masquer une autre question :Ou la délinquance est-elle la plus répandue, parmi les jeunes ou parmi les décideurs, détenteurs du pouvoir à divers niveaux ?

Intervenant 2 : que faut-il entendre par délinquance ? Ce terme peut-il à la fois englober des actes extrêmement graves (attaquer violemment un individu, attenter à sa vie) et des comportements asociaux qui renverront à la question du rôle de l’éducation et de l’autorité parentale ? Je ferai également remarquer qu’aujourd’hui des « petits manques de respect » peuvent à certaines occasions entraîner des actes d’une violence sans rapport avec l »incivilité » commise, la situation peut vite dégénérer.

Intervenant 3 : La délinquance n’est-elle pas simplement le résultat d’un monde « économiquement violent », faisant peu de cas de la fragilité humaine ? Moi aussi , comme Monsieur (intervenant1), je suis un peu un délinquant puisque dans le cadre de mon activité associative, il m’arrive de pratiquer parfois comme d’autres l’affichage sauvage, je partage ce sentiment suivant lequel la frontière est aisément franchie, sans que cela ne soit constitutif d’actes réellement graves.

Intervenant 4 : La délinquance est complexe à aborder, elle présente des formes très variées : la délinquance dure qui force un État à réagir, les incivilités qui constituent elles ce qu on pourrait appeler l’« infra-délinquance », mais qui additionnées constituent un « terreau » favorable pour une délinquance organisée et développée. Celle-ci varie bien évidemment en fonction du lieu d’habitation, elle est inégale suivant les quartiers.Derrière la question de la délinquance se pose celle de la gestion de la norme. Faut-il privilégier l’éducation , qui semble pouvoir fournir les premiers « anticorps »,ou l’autorité policière pour résoudre ces problèmes ?

Intervenant 5 : les problèmes créés par les fumeurs (tabagisme passif)sont également une forme de délinquance et par ailleurs , ce qui me choque, c ‘est que des établissemnts publics ont été baptisés du nom de personnages illustres parfois peu regardants des lois (l’exemple cité est ici Paul Verlaine), cela ne me semble pas contribuer à la respectabilité des institutions.

Intervenant 6 : la lutte contre la délinquance n’est elle tout simplement pas inefficace parce que nous n’osons pas en parler entre nous ?

Intervenant 7 : je n ‘hésite pas à faire remarquer que certains décideurs , pour être efficaces, n hésitent pas à remonter très en amont, à savoir en utilisant certaines recherches scientifiques pour identifier selon eux des « déviances post-natales »…..

Intervenant 8 :toutes les délinquances ne sont-elles simplement pas l’éruption de problèmes que l’on a pas voulu voir ? La société de consommation a grandement contribué à l’atomisation du relationnel social.

Intervenant 9 : la délinquance peut aussi être engendrée par des revendications. En effet, pour être entendu, pour obtenir quelque chose du pouvoir, le recours à l’action déterminée et aussi violente est parfois nécessaire (exemple des camionneurs, lutte contre les OGM, revendications identitaires basques ou corses)

Intervenant 10 : les sanctions appliquées me semblent faibles, le taux de réponse pénal sur les procès verbaux est de 64%. Pour un jeune, il attendre au moins le 10ème délit (parfois le trentième) pour qu ‘il y ait une sanction. Le problème des moyens de la justice est donc évident.

Intervenant 11 : cela me semble un constat trop sévère, la délinquance des « cols blancs » est elle infiniment impunie.De plus, en ce qui concerne les jeunes, le passage à l’âge adulte se faisait autrefois par des rites qui n’existent plus. Le modèle américain (au premier carreau cassé, on frappe) ou encore l’exploitation du rapport de l'INSERM concernant les « primo-délinquants » me paraissent dangereux. Un cadrage est néanmoins nécessaire et celui-ci passait par l’école autrefois.

Intervenant 12 : il est nécessaire d’introduire des notions de sociologie et de criminologie.Il faut prendre en compte l’incidence de la sanction pénale.Sanctionner quelqu’un en l’envoyant en prison, c’est en fait le pousser vers le milieu de la délinquance. Quel doit être l’objet de la sanction pénale ? De plus, pour nos sociétés, la délinquance peut être quelque chose de positif, la jeunesse est en fait occupée (à brûler des voitures par exemple), et la société , ses élites, projettent sur elles toutes les insatisfactions qui peuvent exister ailleurs dans la société.

Intervenant 13 : effectivement, on stigmatise aujourd’hui les jeunes des quartiers , la violence est entretenue et je n ai pas peur de le dire, la France est toujours dans une logique coloniale, de ghettoisation, il y a un taux de chômage 4 fois supérieur dans les cités par rapport au reste du pays. L’association « SOS Racismes » a selon moi pas joué son rôle dans ces quartiers, en se contentant d’instrumentaliser quelques «éducateurs », les « arabes de service » en quelque sorte.Il n’y a pas de mixité sociale dans le pays et je considère les émeutes de novembre 2005
Comme une bonne chose.Il n ‘y a pas de vrai travail de politisation et la France, c’est vraiment « deux poids, deux mesures ».Le problème de l’égalité se pose clairement.

Intervenant 14 : je rappelle que la délinquance n’est pas quelque chose de nouveau, en 1973, cela m’a profondément marquée,des femmes de ménage étaient cruellement attaquées à coups de serpette.Mais ce qui est nouveau par rapport à cette époque,c’est l’apparition et la prolifération de la drogue.Le trafic de drogue rapporte beaucoup plus à celui qui le pratique qu’un petit stage d’insertion par exemple.

Intervenant 15 : on peut se poser la question du rôle des conseils généraux puisque c’est à eux d’agir lorsqu’il y a des enfants en difficulté, en proie à la drogue ou encore battus.

Intervenant 16 : je crois qu’il faudrait même mettre en place une « école des parents » de façon à expliquer à nouveau ce qu’est la responsabilité parentale

Intervenant 17 : je crois qu’il faut remonter à mai 68 , ou en voulant gommer les inégalités , on a en fait contribué à les augmenter.Il y a de plus eu un nivellement par le bas au niveau de la transmission du savoir.Je m’attends à une explosion sociale franche mais quand ?

Intervenant 18 : je voudrais revenir sur le problème de la sanction, les conditions de la garde à vue me semblent terrifiantes en France.De plus, la récidive me semble inévitable et pour moi, mettre un mineur en prison, c’est fabriquer un délinquant pour toute une vie.Les lois, en leur état actuel, ne me semblent pas pouvoir apporter de réelles solutions aux problèmes de délinquance actuels.

Intervenant 19 : n’oublions pas ce que représente l’acte délictuel : il exprime le refus de la société et il faut bien comprendre que le refus de l’autre, c’est en fait le refus de soi. Pour sortir de la délinquance, il faut réussir à recréer les conditions du « vivre ensemble » . On a par exemple essayé de développer les sports collectifs dans les zones à forte délinquance mais est-ce la bonne solution et ne vaut-il pas mieux essayer de développer les sports individuels pour tenter de redonner goût à un effort plus personnel ?

Intervenant 20 : ne faut-il pas, pour résoudre le problème, s’efforcer de se projeter dans l’avenir en fixant des objectifs en matière d’emploi, de formation et aussi de respect des différences et en essayant de les atteindre ?

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