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Honoré de Balzac (1799 - 1850)

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Compte-rendu analytique par Christelle GANIERCafé Citoyen de Paris (06/01/2018)

La réussite doit-elle passer par l’échec ?

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INTRODUCTION
"J’ai remarqué qu’en France, contrairement à d’autres pays, l’échec est particulièrement mal perçu. Pour certains au contraire, l’échec est une expérience positive, une étape du processus de réussite. « L'échec n'est pas le contraire de la réussite mais son brouillon ».
Réussite : Nous courrons depuis l’école secondaire vers la réussite, mais rarement nous nous sommes questionnés sur le sujet. Des définitions il y en a des tas, plus ou moins académique. Si on se fie au dictionnaire : une réussite est un succès. Mais j’aime celle d’un celle d’Earl Nightingale : La réussite est la progression d’un but qui nous tiens à cœur. Earl Nightingale est une star de la radio américaine des années 60 qui a écrit un livre sur la Programmation Neuro-Linguistique(PNL), « Le plus étrange des secrets » (qui est super).
Echec : « L'échec est l'état ou la condition qui fait que l'objectif désiré ou prévu n'est pas atteint, et peut être vu comme l'opposé de succès ». Dans son sens le plus général, un échec est une situation qui résulte d'une action n'ayant pas abouti au résultat escompté.
Freud a révélé l’idée que c’est quand « ça ne marche pas » que nous comprenons un peu comment ça marche.
Faut-il avoir une considération négative de l’échec à la française ou au contraire, prendre cela comme un enrichissement ?
Est-ce que nous devons lier les 2 termes ou les dissocier ?
L’échec est il fatal ? Faut-il avoir peur d’échouer ?
Est ce que l’échec invalide un projet ? Faut il rater pour réussir ?"

1. LA RÉUSSITE INDISSOCIABLE DE L’ÉCHEC

1.1. Accès direct au succès impossible
Selon Freud, quand on échoue, on comprend mieux comment on peut réussir. Ainsi, le succès est pavé d’échecs. L’idée que le succès soit possible sans jamais échouer est absurde. Il est impossible d’arriver directement au succès, la réussite passe par l’action et donc par l’échec. Pour exemple, le codage informatique qui fonctionne par la répétition d’essais et d’échecs.
Exemple d’une voiture qui tombe en panne. On va ouvrir le capot alors que sans la panne, on l’aurait pas ouvert.

Connaît-on des personnes qui ont réussies sans échec ?

L’échec et la réussite sont des valeurs relatives :
- Il faut avoir été pauvre pour être riche.
- Il faut avoir été malheureux pour être heureux.
- Il faut avoir le ventre vide pour avoir faim.
- Il faut ne rien avoir pour pouvoir accéder au niveau supérieur.

1.2. Exemple de la formulation de la pensée et de la communication
Lors de ce débat, on questionne le sujet en produisant de la pensée. Quand je formule une phrase, une idée, le mécanisme de l’échec ne serait-il pas en œuvre ? Il y a la prise du risque d’échouer pour essayer de toucher une réponse pertinente, plausible. Je ne vois pas comment faire autrement que de se tromper et d’échouer pour réussir. La construction de la pensée est facile, fluide pour certains. Pour d’autres, c’est compliqué, il y a un processus d’échec-réussite qui est à l’œuvre. A la fin du débat, on aura eu une succession d’échecs pour aboutir à quelque chose de sensée. Échec et réussite sont indissociables.
Il est aussi question de l’échec dans la communication : les malentendus, les incompréhensions peuvent provoquer une sensation d’échec.

2. UNE NÉCESSAIRE ÉMANCIPATION PAR RAPPORT À LA VISION OCCIDENTALE

2.1. Des règles à respecter
En Occident, on a une vision très judéo-chrétienne : on n’a rien sans effort. La société nous impose un cadre à respecter ; on est soumis au jugement des autres. En Occident on n’aime pas trop l’échec qui a donc une connotation négative. Par exemple, la personne qui est au RSA est vue comme un paria. Se pose la question de la réception de l’échec.
Dans le film « Seul sur Mars », le héros est confronté à l’échec alors même qu’il est seul. On est donc en situation d’échec par rapport à des règles et pas seulement par rapport au regard des autres. La nature comme la société peut ainsi imposer l’échec.
Est-ce que le suicide est une situation d’échec par rapport au défis de vivre ? Qu’est-ce qui nous fait préférer rester en vie ? Selon le phénomène de l’homéostasie, la vie fonctionne de sorte qu’il y est toujours un équilibre mais en faveur de la vie.

2.2. S’affranchir de ces règles
Il faut savoir faire la part des choses, assumer ses choix. Il est là question d’émancipation d’un point de vue personnel par rapport aux règles.
L’ennuie peut être perçu comme une situation d’échec. Or, l’ennuie est l’occasion de travailler l’imagination. Que l’ennuie soit considéré comme de l’oisiveté est un jugement social. On peut de la même façon rester silencieux et ne pas s’ennuyer pour autant, car apprécier l’écoute.
La vie, c’est ce qui est en mouvement. Échouer c’est s’arrêter donc s’arrêter de vivre, donc mourir. Or, l’échec n’existe pas dès lors qu’on fait le choix de vivre. Si on est face à une situation qui ne nous convient pas, on a le choix de la quitter, on n’a pas à se conformer à des normes. D’où l’importance des choix personnels par rapport à des choix de conformités. La notion de changement est également importante.

3. SUBJECTIVITÉ DE L’ÉCHEC ET DE LA RÉUSSITE

3.1. Une question de point de vue
Une personne au chômage pendant longtemps peut se sentir en situation d’échec. Mais il y a une autre façon de voir les choses : il n’y a pas que les activités pécuniaires qui valorisent (ex du bénévolat).
Face au choix d’arrêter de travailler, de prendre une année sabbatique, on trouve deux réactions : l’encouragement par « Super ! » ou la crainte par « T’es fou ! ». La période sabbatique sera une réussite ou un échec en fonction de ce qu’on va en faire. «  On peut aussi gagner sa vie à la perdre ».
L’échec et la réussite sont de l’ordre du ressenti, de l’appréciation personnelle, de la subjectivité. Il n’y a pas de critères objectifs. Le sujet est une fausse question car c’est quelque chose qui se tranche à chaque seconde selon le ressenti. Par l’analyse d’un échec, on peut décider de prendre une autre direction mais il est parfois difficile d’analyser l’échec.

3.2. Une question de processus
Ce qui est important, c’est le processus, le chemin parcouru pour arriver à la destination. « Le bonheur c’est pas le but mais le chemin », « Le bonheur, c’est comme une croisière ».

4. LE HASARD
Dernière les objectifs qu’on se fixe, qu’on espère atteindre, il y a la notion de contrôle. Est-ce que dans le rapport entre échec et réussite, il n’y aurait pas quelque chose de l’ordre du hasard, qu’on ne contrôle pas ? Finalement, on ne maîtrise pas ce qui se passe.
Réussir serait le contraire, ne pas avoir d’attentes. La réussite ne passerait-elle pas par un processus de détente, de relâchement, en laissant les choses se produire. Cf. les paroles d’une chanson : c’est quand tu n’attends plus que ça arrive.
Cela renvoie à la question du bonheur collectif. On ne contrôle jamais comment fonctionne un groupe mais ce qu’on y apporte.
Lorsqu’on a des difficultés à garder un emploi, on peut se sentir en situation d’échec par rapport au milieu du travail. Il peut être difficile de faire un choix entre des métiers qu’on ne connaît pas. Laisser le hasard agir ne serait-il pas la meilleure solution ?

5. L’APPRENTISSAGE
Exemple du métier de manager qui consiste à gérer des humains. Au début, on a des postures et notre jugement n’est pas toujours juste. Ces échecs font partie de l’apprentissage.
L’échec ne serait-il pas un apprentissage chez les adultes comme chez les enfants ?
La seule condition pour ne plus être en apprentissage est d’être un robot, une machine.
« On est tous des bricoleurs » (Hubert Reeves). On est tous des apprentis
Après un succès, il faut apprendre à renoncer pour continuer à apprendre.
La méthodologie naît de l’échec.

CONCLUSION
Se pose la question du bon choix par rapport au bien être et à l’accomplissement.
La question de départ était très fermée. En fait, la réponse n’est ni oui ni non. Tout dépend des sensibilités de chacun, du contexte et des valeurs.

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