Compte-rendu synthétique par Jean-Pierre Norguet — Café Citoyen de Bruxelles (09/10/2009)
Animateur du débat : Jean-Pierre Norguet
» Éducation
Comment vivre avec les souffrances de nos parents ?
Les souffrances relationnelles avec les parents peuvent être sources de séparation, les maladies sources de réconciliation.
Bon nombre ont souligné les souffrances vécues en raison de la personnalité de leurs parents :
- Père absent, silencieux, taiseux, maladroit, autoritaire, violent, ou bestial ;
- Mère omniprésente, fusionnelle, volubile, ou ultra-protectrice
Les attentes élevées des parents vis-à-vis des enfants et réciproquement des enfants à l’égard de leurs parents sont sources de conflits et de stress.
Suffirait-il de balayer toute attente, tout idéal de ce que l’on souhaiterait que l’autre soit pour supprimer les souffrances qui en résultent ?
Suffirait-il d’accepter l’ascendant ou le descendant pour ce qu’il est et de le pardonner pour ce qu’il n’est pas et qu’on aurait voulu qu’il soit ?
Suffirait-il de réaliser que, parfois, le langage entre les deux générations n’est pas le même et rend de ce fait difficile, voire impossible toute communication ?
Peut-on s'approprier à tout prix des années durant la garde d'un enfant pour ensuite le déshériter des avoirs qui lui auraient été destinés ?
L’interdiction faite aux enfants de ne pas s’éloigner des parents a pu conduire les plus jeunes d’entre eux à tenter une fuite (in)consciente.
La peur de voir ses parents souffrir, agoniser, mourir n'est pas une exception, ni les cauchemars mettant cette peur en scène. La peur existentielle de se retrouver seul(e) au monde peut être à la source de cette peur de la mort du parent.
La peur de voir mourir ses parents peut engendrer les besoins aussi distincts que ceux de s’en rapprocher pour en profiter tant qu’il en est encore temps ou de s’écarter du survivant pour ne plus avoir à nouveau à souffrir.
Il peut être sage de ne pas attendre une déclaration d’amour de ses parents, qui peuvent manifester ce sentiment sous diverses autres formes que verbale, comme par exemple par les actes les plus simples du quotidien.
La plupart ont reconnu difficile de transmettre quelque affection que ce soit à leurs propres enfants dans la mesure où ils ont été privé de cette affection de la part de leurs parents. A plus forte raison encore lorsqu'ils ont été victimes d’actes de violence ou d'abus, parce que non désiré, non accueilli et qu’il a, dès la conception, fallu lutter pour avoir droit à la vie.
Prendre conscience est un premier pas vers une correction de ses schémas, au profit de la génération suivante.
A tout moment, nous avons le choix de suivre la voie opposée à celle empruntée par les parents, ou celui de répéter leurs scénarios. Une liberté qu’il appartient à chacun de saisir.
Une intervention extérieure telle que celle d’un thérapeute peut-elle aider dans ces travers ? Faut-il nécessairement que le thérapeute soit passé par les mêmes souffrances et difficultés, sinon plus encore, pour pouvoir apporter une aide efficace ? Un étranger croisé par hasard ne pourrait-il pas, fût-ce par une écoute désintéressée, apporter quelque réponse à la tourmente ? Un travail de longue durée permettant de réaliser que nous portons en nous-même notre
propres père et mère intérieurs a permis à certains d’arrêter de rejeter la faute sur les parents et de cesser de s’inscrire en victime.
Nous pouvons à tout moment reprendre en main notre vie et notre destinée.
En conclusion, le conseil est lancé de profiter, malgré leurs défauts, des parents pour ne pas avoir à regretter l’absence ou le manque de communication avec eux en temps opportun.
Sujets proposés pour le prochain café citoyen :
– Que penser de l'astrologie ? 4 mains levées
– Faut-il avoir peur de la mort ? 6 mains levées et 1 préférence
– Qu'est-ce qu'un bon thérapeute ? 6 mains levées et 2 préférences
Sujet retenu pour le prochain café citoyen : Qu'est-ce qu'un bon thérapeute ?

